Zoom sur... 
La Double Coquette

Ensemble Amarillis




Le 28 janvier 2016 à l'Arsenal 



ANTOINE DAUVERGNE, PRECURSEUR
 
Après le succès fulgurant remporté par son opéra-comique Les Troqueurs représenté au Théâtre de la foire Saint-Laurent en juillet 1753, Antoine Dauvergne dut composer un autre intermède du même genre pour être représenté sur la scène du théâtre de Fontainebleau à l'automne suivant. Le 13 novembre, La Coquette trompée fut créée à la suite d'un acte de Rameau, Les Sybarites. La musique, tout comme le livret de Favart, furent vivement salués : « Cet ouvrage des sieurs Favart et Dauvergne eut le succès le plus général et le plus marqué » (Mercure de France).
En 1758, alors qu'il composera Les Fêtes d'Euterpe, son deuxième opéra-ballet pour l'Académie royale, Dauvergne imaginera d'y insérer cette Coquette trompée en guise de dernière entrée : l'acte fut joué treize fois consécutives. Il ne semble pas qu'il y ait eu ensuite d'autre reprise, ce qui est fort étonnant eu égard à l'originalité et à la modernité de la musique.
Dauvergne réalise une synthèse harmonieuse des différentes écoles nationales de l'époque : le traitement de l'orchestre – avec son écriture en trémolos, ses syncopes, ses bariolages, ses effets de doubles cordes, d'échos et de crescendos – regarde obstinément du côté de l'école de Mannheim. Mais l'ouverture est une véritable Sinfonie à l'italienne. Les mélodies contournées, les appogiatures chromatiques, les colorations typiques de sixtes augmentées et les marches chromatiques sont autant d'éléments empruntés au style galant et à cette nouvelle sensibilité – Empfindsamkeit – à laquelle toute la musique instrumentale européenne était désormais redevable. Pour autant, certaines inflexions musicales ne sont pas sans rappeler le grand Rameau.

Quant au jeu comique et parodique de l'orchestre contrefaisant les sentiments des personnages, s'il évoque bien sûr Platée, il annonce aussi la verve des premiers ouvrages de Philidor. À la fois touchante et enjouée, la partition de La Coquette trompée porte déjà en elle les fondements du futur opéra-comique. »
— Benoît Dratwicki*
 
* Benoît Dratwicki est directeur artistique du Centre de musique baroque de Versailles.
Il est l'auteur de l'ouvrage Antoine Dauvergne (1713-1797), une carrière tourmentée dans la France musicale des Lumières (éditions Mardaga, études du Centre de musique baroque de Versailles, 2011).
 




LA COQUETTE ET LES DINDONS
 
« Florise est chez elle, toute échevelée, énervée, furieuse. Donc je lui ai fait une robe en cheveux ce qui lui donne un côté animal. Ensuite, elle se transforme et se travestit en homme, elle porte un costume qui pourrait ressembler à une armure pour séduire l'autre femme, la maîtresse de son mari. Je voulais que le faux homme et Damon le vrai homme se ressemblent beaucoup, ils ont donc presque le même costume. Ils sont un peu comme des dindons qui se pavanent, se gonflent l'un et l'autre au cours de la conversation pour montrer chacun leur puissance, leur arrogance. L'autre femme Clarice, elle, est très coquette, elle se sait séduisante. Deux mains d'homme en tissu enserrent sa taille mais sa belle parure devient organique, presque viscérale. Elle joue avec un serpent châle autour de son cou et de ses bras pour aguicher les hommes. »
—  Annette Messager (avril 2015)
 
 

Un spectacle coproduit par l'Arsenal – Metz en Scènes.
L'Ensemble Amarillis et Les 2 Scènes - Scène nationale de Besançon ont produit la version concertante de La Double Coquette le 2 décembre 2014 au Théâtre de Besançon. La musique de Gérard Pesson et le livret de Pierre Alferi ont fait l'objet d'une commande des 2 Scènes - Scène nationale de Besançon.
Version scénique produite par le Festival d'Automne à Paris, le Centre de musique baroque de Versailles, le Festival Le French May/Hong Kong, le Festival de Sablé, l'Arsenal - Metz en Scènes, le Théâtre Impérial de Compiègne, le KunstFestSpiele Herrenhausen, le Spoleto Festival USA / Charleston SC et le Peak Perfomances@Montclair State University / NJ-USA.
Avec le soutien du Fonds de Création Lyrique, de l'Adami et de la Fondation Orange.

 
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