Zoom sur…
Pied de nez (création 2016)
Cie La Brèche – Aurélie Gandit




Photo : Mathieu Rousseau​


Une petite histoire de l'art moderne et contemporain par le corps
La tête, les pieds, les mains et le dos deviennent des motifs pour écrire une petite histoire de l'art moderne et contemporain par le corps. La pièce explore une succession d'oeuvres plastiques du XXe siècle (Matisse, Picasso, Pollock, etc.) associées chacune à une partie du corps dont la danse se joue pour en révéler les subtilités et les potentialités. Ce corps, présent plus que jamais dans l'art du siècle dernier, ne se soumet plus aux règles anciennes des proportions et des postures qui avaient fait de lui l'image de la beauté. Tout ce qui se donne à voir témoigne d'une liberté sans cesse élargie par ces artistes qui percutent les barrières traditionnelles de la représentation picturale. Le spectacle joue de ces bouleversements plastiques pour écrire une danse ludique accompagnée de créations vidéos qui ouvrent le regard et permettent l'approche sensible des oeuvres plastiques... et du corps en mouvement.
 
Le corps au coeur de la création
Depuis le début des créations de la compagnie en 2007, Aurélie Gandit développe un travail chorégraphique en lien avec les arts visuels et plus précisément avec la peinture, à l'image des Visites dansées dans les musées qui articulent danse et parole autour et à partir des oeuvres pour faire circuler les images entre la tête et le corps. Dans Pied de nez, cette attention portée au corps est abordée de trois manières différentes qu'il convient de mêler dans un jeu subtil. L'écriture de la pièce joue avec trois matériaux à tisser comme les fils d'une tapisserie : les définitions succulentes des parties du corps sélectionnées issues du non moins succulent Dictionnaire fou du corps de Katie Couprie - qui dessine des textes à la fois drôles et poétiques, parfois totalement farfelus mais anatomiquement prouvés -, la danse qui révèle, joue, détourne ou met en lumière la partie du corps évoquée et la création vidéo qui plonge le regard au coeur de l'oeuvre par des chemins inédits en écho avec les données anatomiques choisies.
 
La création vidéo
Au sein de ce projet transdisciplinaire, la création vidéo se doit de trouver une place cohérente, équilibrée, évitant d'exhiber sa technologie comme signe. Ici l'image vidéo projetée couvre un large écran placé en fond de scène. Les séquences vidéo permettent de plonger au coeur de l'oeuvre en proposant un chemin du regard à travers les formes. Mais plus que de projeter l'oeuvre à la manière déclinée d'une présentation muséale, il est décidé d'élaborer sur chacune d'elle un prolongement visuel en rapport à la partie du corps évoquée.
  
Les oeuvres sélectionnées
Les oeuvres picturales : La Grande Odalisque de Jean-Auguste-Dominique Ingres, La Danse d'Henri Matisse, Maya à la poupée de Pablo Picasso, Dynamisme d'un chien en laisse de Giacomo Balla, Anthropométrie de l'époque bleue d'Yves Klein, Numéro 26 A, noir et blanc de Jackson Pollock, Trois personnages dans une pièce de Francis Bacon et Intime et personnel d'Esther Ferrer.
 
Les oeuvres musicales : Music for Marcel Duchamp, for prepared piano de John Cage, Quand elle danse de Dario Moreno, Sure shot des Beastie boys, La valse à mille temps de Jacques Brel, Déshabillez-moi de Juliette Greco et Macchina tipografica de Luigi Russolo & Giacomo Balla.
 
À découvrir 
le 5 novembre 2016
à l'Arsenal
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